Au premier chapitre de l’histoire intitulée ” je dresse mon animal”, il faut inscrire le mot humilité .

Bien sûr, on pourrait passer en force à une étape de domination, mais on serait dans un récit parallèle, moins riche, plus banal et on n’aurait aucune chance de vivre tous les bienfaits de l’amitié avec la bête .

Notre horizon serait moins grand . Je crois même qu’on se promènerait sans voler, ni toucher le sol et avec la fausse impression de toute puissance sur son monde qui tôt ou tard se vengerait là où on ne pouvait s’y attendre .

Mais bref …. “je dresse mon animal” est une expression inadéquate , ce serait plutôt “j’apprends son langage” car lui, il a une longueur d’avance : il connaît le nôtre, du moins la partie que nous avons en commun, il ne l’a jamais oublié … Tandis que nous …

Il ne lui manque pas la parole, il dit tout ce qu’il a besoin de dire, seulement on ne le comprend pas .
Observer, écouter, apprendre , rester humble . Ce sera notre première et plus grande leçon … On pourra même lui poser des questions . Si . D’ailleurs ce seront les meilleures consignes, les seules possibles, pour établir la confiance .

À nous de faire comprendre à la bête qu’elle ne perdra rien de sa liberté souveraine si elle communique . Même domestiquée, elle ne doit pas être considérée comme prisonnière ou esclave . Elle en mourrait .

Les animaux dominés sans respect sont quasiment des carcasses ambulantes : il ne reste plus rien de leur caractère .

Un animal ami prend des initiatives, vous aide et vous aime ….

Concrètement, ce que l’on doit dominer c’est notre peur mutuelle . Une très grande peur : celle de mourir par l’autre …

Au delà , il y a amour , tendresse , douceur et …. sauvagerie : lequel seuil ne sera jamais franchi que par jeu .

Et là les règles sont strictes, de part et d’autre . Cette frontière subtile est la clef de l’entente entre animal et homme . C’est donnant donnant . Tu es prêt à me blesser, à te battre avec moi , je le suis aussi , mais pour jouer , on ne va pas se faire mal pour de vrai, on va se débarrasser de toute cette énergie juste pour le sport …

Et ca marche ! En général c’est l’animal qui nous indique toutes ces possibilités de jeu ; mais il faut suivre, être à la hauteur et être sincère . Que le meilleur gagne .

Ce que l’homme peut enseigner, c’est l’art : une sorte de chorégraphie, une routine, en échange de gâteries , de mots apaisants et de soin . On peut travailler ensemble aussi … La bête se montre étonnamment fière de réussir, d’accomplir une tâche .
Plus le langage vient de notre « profondeur », plus l’animal comprend vite . Quelquefois même cela se passe dans l’inconscient . Une communication involontaire . Et l’instinct joue un rôle d’arbitre : trop, pas assez, oui, non, bien, mal …
Après, c’est facile : il n’y a plus qu’à chercher ce qui lui ferait plaisir et automatiquement, cela nous fait plaisir aussi . Voilà .

La plupart des animaux ne demandent pas mieux que de cohabiter avec nous, ils nous accorderaient volontiers cette faveur si nous nous montrions corrects… Quelquechose me dit que nous allons dans ce sens après des siècles de stupides malentendus , mais nous sommes toujours en danger de louper le coche, encore un …