Attention … texte bourré d’éloges …

Ca fait longtemps que je voulais écire un truc à son sujet . Mais je ne savais pas par où commencer , alors je commence comme ceci : c’est la seule personne au monde que je puisse appeler pour n’échanger que des onomatopées pendant dix minutes et raccrocher dans une crise de rire qui me durera des heures entières . Ce n’est pas du private joke , c’est un ailleurs rigolo .
Vous devriez essayer, ca fait du bien , le monde s’en trouve plus vaste .
Il a , comme les anglais autrefois , un “non sens “ de l’humour inépuisable …
Imaginez travailler avec une personne dans une sorte de symbiose comique , prête à prendre des risques pour “exécuter” des gags sans évidence, à la recherche d’originalité en un domaine , où , croit-on, les codes sont figés par les formats médiatiques . Le rapt du rire par le commerce , la publicité . Avec Laurent, nous restons dans la recherche . Bien sûr, on peut facilement se planter , mais on y va sans regret , avec la (bonne) conscience de s’efforcer à élargir le champs comique .
Ainsi , tout en considérant que l’humour est un art évolutif , lorsqu’ on gagne , lorsqu’on marque des buts et que le rire est là , on ne fait pas qu’amuser le public , on le transporte , hilare , vers cet ailleurs rigolo …

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The Queen

C’est ce que Laurent a toujours visé , et il s’est entouré d’artistes assez dingues pour y aller avec lui . Pour ne citer qu’eux : Céline Poty des débuts de sa compagnie (potty en anglais veut dire fofolle) puis Mathilde Labé tout aussi perchée et Thomas Trichet , Boris Lafitte , Cedric Granger et Hervé Dez Martinez devenus les Five Foot Fingers rejoints par Gregory Feulé… Ainsi que tous les Olivier , mais leur arbre  ne veut pas prendre racine ….

Aussi quand je repense à certaines propositions de LGD , je me dis que c’est une chance, même un bonheur de collaborer avec un type pareil .
Shit doesn’t always happen , la vie peut être belle .

Et puis il est drôle … Ca aide . Il est drôle parce qu’il se donne . C’est la condition sine qua non de l’humour … ses véritables lettres de noblesse . En France, le rire noble est habituellement littéraire , pourtant les Déracinemoa sont bizarrement physiques , inscrits dans une tradition absurde , dadaesque , le contraire de la vulgarité … mais aussi innovante . Tout n’a pas été dit dans le genre , et il reste de bons moments devant nous . Mais Laurent , quand tu es en forme , ta scène de mort en Statue, dans Garden’s, est l’une des plus drôles qui soit …

Pour cette compagnie , le parcours artistique a toujours été motivé par le bien être du public , que ce soit dans l’organisation de leur festival Hop Hop Hop ou dans l’élaboration de leur spectacle . C’est rare de nos jours , car la tendance , commerce ou tourisme à part , est de jouer ou de programmer des pièces , des numéros , destinés aux seules élites , à prendre ou à laisser . Même si le public peut s’y emmerder grave. Or ce n’est possible qu’en étant confortablement subventionné .

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Laurent Guillaume Dehlinger Mathilde Labé et quelqu’un, dans “Tourista”

Dans la rue , où c’est beaucoup moins confortable , on est heureusement à l’abri de ne pas avoir de comptes à rendre aux spectateurs .
Pour en revenir à LGD , sans l’avoir calculer , nos chemins se sont réunis sur des projets où l’ouverture au plus grand nombre est fondamental , tout en proposant un travail délibérément sophistiqué . Du luxe pour tous . Si Laurent avait son théâtre , les sièges seraient en velours rouge et or pour des places accessibles à tout le monde .
Du spectacle populaire quoi .

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