Retour du pèlerinage d’Aurillac …
Tout va bien : rien n’a changé sauf qu’il y a plus de tout , plus de spectacles , plus de soleil , plus de public , plus de …. comme à Avignon . Mais avec trente ans d’existence, le festival est bien rôdé . même s’il y a un problème de bagnoles … Il faudra bien se demander comment absorber de plus en plus de monde dans un festival qui garde l’infrastructure d’il y a une dizaine d’années .

Allez, ne soyons pas grognons …

Une place de la ville est nommée d’après Michel Crespin , fondateur de l’ événement en 1986 , et ca aussi c’est chouette .
Et puis de toutes façons , Bravo monsieur Songy !

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Les héros de la rue sont là … La proposition de Parlement citoyen du théâtre de l’Unité valait le déplacement à elle seule . Menée énergiquement par la troupe, augmentée pour l’occasion  de Didier Super , cette forme de spectacle participative rafraîchit les conventions public/acteurs en les bousculant avec bravoure sans que personne ne se sente perdue .La fougue d’ Hervée et de Jacques est inégalable . Et le contenu : hautement politique . D’ailleurs , ici et là , les artistes se mettent timidement à ouvrir leur gueule pour redevenir les porte-voix un peu maladroits par moment, un plus simplistes parfois ( au moins on ose) , de l’insatisfaction et des craintes populaires tout en démontrant quelques principes possibles de tolérance , de liberté . Ce n’est pas la première fois que le spectacle se mêle en profondeur du bien être , mais là ca revient en force , comme une urgence , et c’est tant mieux. Au détour d’une chanson, à l’occasion d’un saut acrobatique, pendant un exercice d’équilibre ou de magie , chacun y va de sa remarque et exprime ce qui manque au discours politique inflexible et sans imagination … Le temps du simple divertissement est dépassé … comme si , avec l’appui du public , on le jetait  à la poubelle , en laissant ca à la TV.

Et la poésie est présente , créée par les artistes , il est vrai : les couleurs d’Artonik , la barbe de Jean Georges , les différentes fanfares d’hurluberlus parmi tout le reste , un beau programme in et off .
Mais le public lui même est poétique … Même les touristes sont à la recherche d’autres rêves, plus personnels … En écoutant des textes, de la musique , en partageant des instants de spectacles dont les images libèrent des impressions étourdissantes de voyages sans fin . On les voit parcourir les rues en souriant et en famille , une société d’éveillés … Trop optimiste ?
Non : 30 ans c’est long et c’est court , et rien n’est en vain . Les générations de spectateurs se chevauchent et elles ne laissent pas tomber l’utopie d’Aurillac  . Alors continuons .

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