« Tu ne trouves pas que “attraper une courgette au vol” est une expression un peu trop forte . D’ailleurs pourquoi est ce qu’on bondirait sur une courgette ? Ca ne bouge pas une courgette , en tout cas pas de manière naturelle … »

“Absurde ! ” me dis-je, de quoi parlons nous ici ?… Puis je m’aperçus que je rêvais …
Je me réveillai donc au milieu de la nuit pour me souvenir de cette histoire de courgette et de la problématique des formes d’expression , traduction et transmission . Je sus parfaitement bien pourquoi j’avais rêvé cela .

Le poids et la plume

“Le poids et la plume” Spectacle de Cirque -théâtre , avec Nicola Bruni et Cecilia Fumanelli, mise en scène Joanna Bassi, photo 30 mars 2014, en représentation  .

Dans la journée qui précédait cet épisode onirique, j’avais écrit quelques lignes pour clore un spectacle sur Leonard de Vinci :

« Quel fut ton jeu , Léonard ? Vieillard novateur , adolescent conservateur …
Détourner l’air du temps ou le pousser plus avant ?
Le poids et la plume, tu poses les jalons, sans fin renaissant,
Et, entrés dans ta ronde, Léonard, nous te jouerons … »

Je voulais mettre ces quelques mots dans la bouche d’une actrice italienne , pour un spectacle en italien, vint donc le problème de la traduction .
Vieillard novateur devint « ancien génie », poser des jalons devint « laisser des traces » et il n’y avait pas d’équivalence pour le mot ronde , sans suggérer un cercle fasciste .
« Nous te jouerons » n’était même pas permis par dérogation ou extension de licence poétique.
Il fallut métamorphoser le tout en : « nous continuerons à jouer avec toi . »
C’est pourquoi , le soir de cette débandade littéraire, je rêvai de courgettes volantes .

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