Vaches , arbres, pylônes, toits rouges, vaches arbres, champs : carrés jaunes, carrés verts, carrés jaunes, carrés verts , tiens ? un chevreuil, non c’était une bi… vaches, arbres, carrés  , varbres crash, oups , champs champs champs champs,ch ch ch ch chchhchhchhhhhhh …

Le mec à côté de moi dort .

Je file vers Paris dans le train rempli de gens à gadgets électroniques .

Anticonformiste , je griffonne quelques mots sur un bout de papier froissé, récupéré au fond de mon sac : “La très grande lenteur”.

TGV photo Zoya Bassi

TGV
photo Zoya Bassi

Une voix déformée dit quelquechose d’incompréhensible mais on s’en fout, on connait la routine . J’adore ces messages qui craquent et qui vous tirent de votre somnolence , c’est poétique … Je ris à chaque fois, regardant autour de moi pour partager ce moment d’hilarité, mais les visages sont ailleurs : on referme son laptop, sort son portable et sans même s’étirer on est déjà debout dans le couloir en attendant que le train ne s’immobilise .

Bientôt je vais bouffer un croissant digne de ce nom.

Avec le recul, Paris ne représente plus que cela , mis à part les quelques personnes que j’aime et quelques musées galères à visiter , la capitale de la France est une ville sans devenir immédiat . Y a tout . Et tout est resté pareil sauf que tout n’est plus que la représentation de tout . Parce qu’au fond, comme tout va très vite, on ne s’attarde plus sur le pourquoi des choses . Pas le temps . Mais l’humain a besoin de lenteur aussi , ou plus exactement d’approfondissement , non pas du savoir, mais de l’usage du savoir.

T’attends deux heures pour voir la Joconde, mais tu ne la regardes que 40 secondes.

Pourvu qu’ils continuent à soigner les croissants .

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