Et puis le dernier jour de cet épisode florentin , je voulais rentrer à Paris . Ca m’a pris d’un coup : je devais partir . On a fouillé l’appartement de fond en comble , j’avais perdu mon passeport … Après de chaleureux adieux , je montai dans ma voiture et les deux frères enfourchèrent leur vespa pour m’accompagner jusqu’à la sortie de la ville . Un dernier geste et puis ciao avec le sourire : ils allaient de toutes façons retourner en Australie le mois suivant .

Autorisation de faire un spectacle Piazza Santa Croce, 1979

Autorisation de faire un spectacle Piazza Santa Croce, 1979

Au tunnel du mont Blanc , la file de voitures attendait pour passer la douane italienne d’abord , française ensuite . Les frontières n’étaient pas ouvertes à l’époque , mais les douaniers laissaient quasiment tout le monde circuler  sans rien  vérifier . Moi, comme d’habitude, ils m’ont repérée. D’un doigt ganté de blanc le douanier me fait stationner sur le côté de la file qui passait sans encombre en flot continu . « Documenti per favore » … Tout en souriant je lui explique que non , que pas de documenti , que passeport perduto à Florence . Hum ? non non , pas de déclaration de perte non plus, pas le temps, je veux rentrer tout de suite à Paris . Quoi, comment ? Oui bien sûr que je pense qu’il va me laisser passer (attend , on est quand même 25 ans avant la guerre contre le terrorisme : tout le monde il est beau et gentil) . Il hoche la tête met son gant devant les yeux  pour se cacher la vue et me fait signe de passer de l’autre main . À hauteur du poste français , même chanson : le douanier me dit : « Mais, vous me jurez que vous allez à Paris ? » « Où voulez vous que j’aille d’autre ? »

« Ca va … allez me dit il .. » .

Non mais …

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