Aussi incroyable que cela puisse paraitre , en France  on discute  encore de la définition des Arts de la rue  (dans un pays qui en revendique à la fois les origines et le développemen) . La rue est remplie de démons et on discute du sexe des anges . D´ailleurs pour tranquiliser la Drac certains artistes de rue ont inventé  une nouvelle appellation : Expression artistique dans l’espace publique . Ouais …comme ca on récupère les graffeurs et les encadants sont à la page …

Quid du rapport avec le public ?  Quelqu’en  soit le nom,  les mécanismes sont les mêmes.

D’un côté on montre ce qu’on maitrise à un public qu’on recherche, de l’autre on travaille pour faire évoluer la maitrise  et c’est le public qui nous cherche . L’artiste fait souvent les deux en même temps . Le lieu n’importe plus, tout le monde est partout , l’art aussi et la rue n’est là que pour ne pas pas se laisser enfermer  .

Mais attention, nous avons en France des experts qui décident , préalablement à la création, si les oeuvres entrent dans la catégorie “Art” ou non . Ainsi les artistes et notemment ceux de rue, mettant de côté tout sens transgressif, doivent créer en fonction de l’avis de ces experts de peur d’être  ,assimilés à de l’ animation… Mais pourquoi cette peur ? Pourquoi  attacher autant d’importance á ces avis ? Qui sont ces experts ?  Ailleurs cette fonction , qui  représente ici l’état , n’existe pas . On n’y  fait appel que pour authentification. une competence qui n’intervient que s’il y a doute sur l’origine de fabrication d’une oeuvre,  mais  elle n’a aucun pouvoir sur sa création .

De plus, il y a méprise sur la définition de l’animateur .C’est pourtant simple : on anime ce qui existe déjà, une fête, un marché, un commerce pour flatter un public acheteur d’ , on est une valeure ajoutée à  un objet principal qui ne s’en trouve pas modifié   . L’artiste en revanche transforme ou détourne une situation  pour en créer une nouvelle qui n’aurait  pas existé sans lui . Libre au public d’en faire partie ou non  .

Le mieux être qui s’en degage est  seul garant de qualité .   Cest une grande conversation toujours inachevée et vouée à la diversité mutuelle du public et des artistes .

L’ennemi actuel de l’art  est le formatage , qu’il soit  culturel ou commercial .Il fige  l’expression artistique en un produit dont les normes sont imposés par un tiers  avec, de surcroit, le péril d’être instrumentaliser par ce même tiers.

Objectivement , il n’est pas démocratique que l’état filtre l’Art par le biais d’ experts culturels, même s’ils furent, dans les années 80, la démonstration que la France s’orientait  vers une société favorisant la création artistique . Le jeu des pouvoirs a dénaturé  cette fonction. multipliant les interprêtes de la volonté du gouvernement  tout en soutenant de moins en moins une diversité de démarches artistiques  plus en phase avec son temps .

Il faut retrouver aujourd’hui une base créative brute et non filtrée,  la vraie démocratie étant de donner libre cours afin d’extirper les pouvoirs publics d’une condition élitiste entretenue artificiellement par voie d’expertise .

Les jeunes générations,  tournées vers leurs écrans,  piochent  en direct tout ce qui manque aux propositions institutionnalisées  . La jeunesse réinvente virtuellement les émotions qui lui sont niées en live, et se forme à l’arrache et en une spontanéité créative .  Pour autant  ces jeunes n’engendrent pas seulement des animateurs du web mais bel et bien des artistes qui cherchent à échapper au formatage des décideurs culturels ou commerciaux habituels . Mieux encore, certains  détournent à postériori ce formatage et s*en servent pour arriver à leurs fins artistiques .Consciemment ou non, ils remettent la création à sa juste place et dans le bon ordre pour garder la maitrise de leurs projets  rejetant  lavage de cervelle  ou  récupération en un boycott universel de systèmes qui ne les prennent pas en considération . Ils ont leurs propres champions d’Art avec de nouveaux codes et conventions de spectacles , bref  le chainon manquant qui échappe aux experts  .

Ce n’est pas nouveau mais simplement plus rapide .

Mais l’ artiste a toujours évolué plus vite que ceux qui pensent l’encadrer .

Dans la rue et quelque soit la sophistication de son message , l’artiste a vocation, par le choix de son exposition,  à être populaire . Il a personnellement et pour toujours, aboli  les privilèges d’une portion de la société  qui prohibaient  l’accés aux innovations – Il n’en est pas  moins  haut  classé dans l’univers de l’Art car s’il retient son public ce n’est  que par la beauté de son geste.        

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