Il est navrant de constater que les discours sur les bonnes vieilles valeurs , tenues par la gauche et la droite , avec, toutefois , des interprétations différentes , soient justement mises en avant comme telles , « bonnes » et « vieilles ». Qui nous dit qu’elles le soient ,  dans une société sans comparaison aucune avec les territoires sociaux des siècles précédents ? Beaucoup d’entre elles sont à la fois morbides et moribondes , le simple fait des les évoquer , nous barre le chemin de la connaissance  .

À propos de connaissance , on pourrait commencer par fêter « l’étranger » :  proposer et mettre en lumière les dénominateurs communs aux différents peuples qui nous composent , il y en a pleins , et initier des  échanges sur des bases égalitaires et non plus sempiternellement pédagogique .

Partant de là ,  admettre qu’une mixité de cultures libère une nouvelle énergie , celle de la découverte . Comme un voyage chez soi ,  en soi , vers une destination joyeuse , pleine d’aventures amusantes . Malheureusement cette destination est dépeinte comme un danger dans les discours officiels , un trou noir d’où il faut sans cesse s’éloigner, tout en constatant , impuissants , qu’il avance sans cesse vers nous.

C’est con quand on y pense . Ca révèle aussi que même si nous sommes prêts à payer des sommes énormes pour aller vers l’exotisme , nous y trimballons nos valises d’hermétisme afin de ne jamais quitter la case de départ .

L’inverse est vrai également ,  on nous envie notre démocratie à l’occidentale , mais on la voudrait « débarrassée des gens qui vont avec ».  Ce ne serait pas un problème insurmontable si les « bonnes vieilles valeurs » n’étaient pas ce qu’elles sont réellement devenues de part et d’autre à savoir ,  pouvoir et argent .

Au fin fond que défendons nous ? De quoi se protège-t-on exactement ? Les idéologies des bonnes vieilles valeurs fondamentales sont en  contradiction direct avec les possibilités du monde tels qu’il est technologiquement et humainement : accessible , transparent , amusant. Nous avons en commun ses inconvénients : il est petit  au regard du nombre croissant des habitants et globalement en danger car trop pollué .

Mais il nous manque la liberté de  vivre ces possibilités , prendre à bras le corps ses inconvénients , à cause d’un gigantesque effort de quelques fous égoïstes qui nous en empêchent afin de jouir entre eux de ce qui avait été conçu pour et par tous  .

Pourquoi diable les peuples élisent-ils toujours  ces mêmes fous ?

Pourquoi choisit-on un chef  de toutes façons ?

La différence entre le peuple et leur chef est dans la plus grande capacité de nuire du seul individu  au pouvoir . Sont-ce là les bonnes vieilles valeurs ?

Les gens ne sont pas solidaires que dans le malheur , ils le sont également lorsqu’ils jouent ensemble , détendus , en vacances , ou bien dans un travail dur mais justifié , dont l’objectif est positif, reconnaissable et immédiat . L’éloignement de ces objectifs communs se traduisent par l’isolement de l’individu , maintenu par le rappel constant des bonnes vieilles valeurs . «L’autre » doit rester un inconnu , de peur qu’ensemble, on ne viennent à s’entendre .

Voilà les limites officielles de la civilisation . Officielles et artificielles .

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