Mon amie Marie Gwenn, dans "les Mystères de Paris" mis en scène Yann Philippe C"est une remarquable comédienne dont les ateliers et cours d"art dramatique ont contribué à la formation et la vocation d'une multitude de jeunes comédiens et autres amoureux du théâtre .

Mon amie Marie Gwenn, dans “les Mystères de Paris” mise en scène Yann Philippe
C”est une remarquable comédienne dont les ateliers et cours d”art dramatique ont contribué à la formation et la vocation d’une multitude de jeunes comédiens et autres amoureux du théâtre .

Bon je suis contente …. Mes amies et collègues du métier se rebellent …. Surtout les femmes . depuis vingt ans , elles animent des ateliers de théâtre , donnant le meilleur d’elles-mêmes , tout en se produisant tant bien que mal sur scène (leur véritable métier et passion) , livrant les secrets de leur recherche personnelle , leur amour du texte , de la mise en scène . Certes , beaucoup d’acteurs ne l‘ont pas fait . Par choix . Mais les petites bonnes femmes qui pensaient partager l’aventure du jeu avec des amateurs , des enfants , des adultes , dans l’idée de créer une société meilleure se voient maintenant prises au piège d’un véritable enjeu économique , qui sapent les fondations d’un marché déjà précaire par nature . Celui du spectacle vivant . Y’a qu’à voir Avignon , le festival : 800 spectacles dont la moitié d’amateurs . Les directeurs de théâtre programment plus volontiers les amateurs que les pros , les spectacles pour enfants que les spectacles tout public , car ils sont sûrs de faire le plein . Mais quid des nouveautés ? Je parle des vrais nouveautés , pas des nouvelles créations qui consistent à faire un patchwork de textes d’auteurs (plus ou moins anciens) sur un thème donné , qu’on enveloppe de belles lumières … car oui , là aussi ça cloche : les « créations lumières » sont devenues plus importantes que les œuvres , les écrins plus riches que les contenus … Toutes ces années durant , les animateurs professionnels d’Ateliers théâtre (et j’en fais partie) enseignaient leur savoir pour créer l’intérêt d’un public plus large .Après tout , si on aime le théâtre , le spectacle en général , on ne doit pas être enclin à devenir désagréable envers autrui . On apprend à donner en principe . Eh ben non , détrompons nous , on apprend à prendre . Seul problème , un véritable artiste est curieux de nature , ce qui n’est pas forcément le cas de tous les participants d’un atelier de théâtre . Cette dimension manquante se révèle cruellement aujourd’hui sur scène . Dans les produits amateurs , qui sont programmés , plus personne ne cherche l’originalité , mais plutôt l’expérience personnelle, accouplé au truc qui marche facilement .Le spectacle n’importe que très peu . Si bien que le public lui-même est déséduqué … Ca , plus la télé réalité … C’est la mort . Les quelques créateurs ne s’en aperçoivent que petit à petit . Cette source d’expression est quasiment à sec . Les petites dames qui enseignent et qui ont-elles-mêmes encore l’expérience de la scène, en ont marre , elles ne veulent plus partager leurs secrets : les autres n’ont qu’à trouver tous seuls na ! Ainsi , messieurs dames , il n’y a pas de relève . Ni en transmission , ni en création .
Rectificatif : la relève existe , mais les programmateurs , toujours plus décalés et ignorants des vrais enjeux (vie et mort du théâtre) ne réagissent pas et perpétuent un système de diffusion sans engagement (culturel ou politique), qui coûte très cher á tous . Bienvenue à la représentation représentée . Qui a dit société de spectacle ?

mes petits élèves en 1987, dont Romane Borhinger en haut à droite avec la casquette.

mes petits élèves en 1987, dont Romane Bohringer en haut à droite qui se regarde dans un miroir .

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